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Antoine Pourin : « Pour un mental à la française »  

Antoine Pourin, responsable de la préparation mentale à la HDN Academy et coach tennis, sillonne les tournois partout dans le monde. A Nîmes, pendant le circuit d’été qui rassemble plus de 3500 joueurs venus du monde entier, il peut observer les comportements de chacun. Il a aussi l’occasion de voir l’imprégnation des différentes écoles de tennis. Il s’est interrogé sur la façon dont la France conçoit le tennis et les améliorations que l’ont peut faire afin d’aller chercher cette fameuse « grinta » qui semble souvent manquer aux joueurs tricolores.

On parle énormément en ce moment de la « grinta » qui manquerait aux Françaises et aux Français, féru de tactique et de technique, au contraire du tennis espagnol, où l’accent est mis sur le mental. Vous, qui êtes enseignant et qui suivez des jeunes sur les différents tournois, à différents niveaux, qu’en pensez-vous ?

Nous sommes actuellement au plein cœur de l’été, le moment où le plupart des clubs organisent des tournées. C’est le moment idéal de la saison pour faire ces fameuses « perfs » que tous les joueurs attendent avec impatience. Dans le système français, lorsqu’un joueur gagne, c’est « normal », par contre lorsqu’il perd, cela ne rentre pas dans le cadre de la normalité, c’est même par moment « inadmissible ». La plupart des joueurs de tennis français, en l’occurrence les jeunes, ont un discours très négatif en tournoi. Lorsqu’un joueur est en train de perdre, c’est très souvent que l’on entend  » je suis nul(le) », « je joue comme une merde », « le mec sait pas jouer », « comment je fais pour perdre »…. En France, nous sommes trop dans la beauté du jeu, avoir la technique parfaite, faire la saison idéale sans avoir besoin de trop travailler, sans avoir besoin de se remettre en question, sans laisser le temps agir …

Mais pour être performant, ça ne marche pas…

La réalité et le chemin vers l’excellence en sont tout autre… Il faut apprendre tout d’abord à développer cette fameuse culture de la gagne en privilégiant la victoire au beau jeu, se focaliser plus sur des objectifs d’acquisition et de travail plutôt que sur des objectifs de résultats dans la formation du jeune joueur, comprendre que bien jouer n’est pas faire des coups incroyables mais jouer juste, être en accord avec les objectifs fixés, respecter son équipe, son coach en lui faisant confiance et être capable d’assumer ses erreurs, ses échecs ; le plus bel exemple étant Rafael Nadal.

 

 Et vous, en tant qu’enseignant, comment mettez-vous ça en pratique ?

Si déjà, nous, coachs, apprenons aux joueurs toutes ces notions qui sont essentielles dans la formation d’un futur champion. Si nous travaillons avec les familles, en essayant de les comprendre, de les guider et qu’ensemble nous cherchons à gommer cet état d’esprit très Français à ne chercher que le beau, que le parfait sans s’en donner véritablement les moyens : ne formerions-nous pas plus de champions ?

 

 

 

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